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Histoire de la Capoeira

La Capoeira est un art de combat, une danse, une philosophie, un jeu. Mais elle est incontestablement un tout et une multitude de choses. C'est une activité physique, sportive complète et complexe mais qui reste à la portée de tous car chacun y trouve son compte : athlète, musicien, chanteur... Quoi qu'il en soit, la meilleure façon de voir les choses est de venir les toucher du doigt !
Au XVIieme siècle les esclaves noirs venus dans les négriers (ou galères) d'Angola, Guinée, Bénin, étaient utilisés par les Portugais pour effectuer toutes les tâches et corvées agricoles. Les Portugais auparavant avaient essayé avec les autochtones (les Indiens), mais ceux-ci étaient fragiles et mouraient de maladie, d'où un besoin pour les Portugais d'avoir une autre main d'oeuvre. Les noirs entassés dans les négriers arrivent sur le sol brésilien à moitié morts s'ils ont de la chance, un sur cinq arrivaient à survivre.
Dès leur arrivée au Brésil, les noirs sont mélangés pour qu'ils évitent tout complot, vu que chaque ethnie n'avait pas le même dialecte. Les noirs martyrisés, maltraités, ont du mal à s'y faire, beaucoup meurent de faim et même de tristesse. Au fur et à mesure que le temps passe, les affinités se créent et lorsqu'ils ne travaillent pas, sous l'oeil attentif du "capitaes do mato" (capitaine de la forêt, qui était un homme parfois même un ancien esclave noir qui avait pour but d'empêcher les esclaves de se sauver et de les forcer à travailler à l'aide de son fouet) ou de leurs maîtres, les noirs se réunissent et font une sorte de danse ritualisée avec des mouvements d'animaux, des jambes levées, des mouvements brusques, ce que devaient percevoir les maîtres. Mais en réalité ceci était une tout autre chose : les noirs apprenaient à se défendre. Cette lutte, ce combat leur permettrait de récupérer une liberté volée sur une terre inconnue.

Mestre Bimba, Abada Capoera Marseille

De part leur pratique répétée et régulière, un art de combat s'est ainsi créé. Et lorsque le "capitaes do mato" s'apprête à frapper l'esclave, celui-ci utilise la lutte qu'il avait apprise pour esquiver les coups mais aussi pour pouvoir désarmer ce dernier. Cet art de combat, cette lutte que le noir a créée, c'est la Capoeira.

Par la suite est apparu Zumbi dos Palmares, successeur du roi des esclaves Ganga-Zumba, qui mena le fameux quilombo dos palmares. Zumbi amena les esclaves à la liberté en gérant ses troupes comme une légion armée. Ceci a permis à ce quilombo de résister très longtemps. Jusqu'au jour où Jorge Domingo Velho passa une sorte de marché avec les généraux de l'Etat de l'époque en disant que s'il parvenait à détruire le fief de Palmares, on lui donnerait en échange les terres de ce fief. Suite à  une lutte acharnée, Zumbi fut terrassé au combat et sa tête exposée sur une place en haut d'un piquet pour signaler la fin du mythe et miner les espérances de ceux qui voudraient continuer à résister.

Les années 1880 sont celles du renversement de la monarchie. Les noirs, les capoeiristes sont alors affranchis. Ils souffrent du chômage et errent dans les rues sans rien faire. Plusieurs quilombos surgissent à la périphérie des villes (qui deviendront plus tard des favelas). La Capoeira est alors utilisée afin de commettre des crimes (vols et toutes autres choses), ce qui poussa la République en 1890 à prôner la répression des capoeiristes et à interdire la Capoeira.

Mais même avec les peines qu'ils pouvaient encourir, la Capoeira persista jusque dans les années 1930 où Getùlio Vargas autorisa une série de manifestations populaires. Parmi elles, une certaine "luta régional bahiana" présentée par un certain Mestre Bimba, mais celle-ci n'est en réalité que la Capoeira. Et c'est donc grâce à ces manifestations que le président Getùlio Vargas abrogea la loi qui les interdisait.

Mestre Bimba, Abada Capoera Marseille